La méiose
Cette division est très importante car elle est impliquée
dans la reproduction sexuée des organismes (attention, la reproduction sexuée
n'est pas une étape obligatoire chez les eucaryotes car de nombreux organismes
ont une reproduction uniquement asexuée).
Oscar Hertwig (1875) montre que pendant la fécondation
de l'œuf d'oursin, le noyau du spermatozoïde pénètre dans l'ovule et fusionne
avec le noyau déjà présent. Edouard
van Beneden (1883-1888) montre que les spermatozoïdes et les ovules ont
le même nombre de chromosomes et que ceux-ci sont en quantité deux fois moins
importante que dans les cellules germinales qui leur ont donné naissance. Ces
études cytologiques montrent qu'il existe chez les eucaryotes une alternance de
phases haploïdes où les cellules ont n chromosomes et de phases diploïdes, où
elles ont 2n chromosomes. C'est la reproduction sexuée grâce à laquelle les
cellules eucaryotes échangent de l'information génétique. A partir de ces
observations cytologiques, August
Weismann (1887) formule la première théorie chromosomique de l'hérédité
: l'information
génétique est portée par les chromosomes. L'analyse génétique se base donc principalement sur
des analyses des croisements se produisant au cours de la reproduction
sexuée.
Sur le schéma qui suit vous avez la terminologie utilisée de
manière générale. En fait à pour chaque groupe d'eucaryote, il existe une
terminologie particulière pour les gamètes et le zygote. Notez que la
fécondation s'appelle conjugaison lorsque les deux gamètes ont la même taille.

La méiose est la division particulière qui permet le passage
de la phase diploïde à la phase haploïde. Pour effectuer la méiose, il faut
donc partir d'une cellule diploide à 2n chomosomes. Cette division est précédée comme
pour la mitose de la duplication du matériel génétique (réplication de l'ADN).
Au cours de la méiose, il y a deux divisions successives qui aboutissent à la
production de 4 cellules haploïdes à n chromosomes suivant le schéma général
suivant. Pour une vision dynamique de la méiose, cliquez les films méiose1 ( images séquentielles d'une méiose) et méiose2 (schéma de la méiose)

La durée des phases haploïdes et diploïdes est variable en
fonction des organismes. Cela veut donc dire que pour chaque organisme,
l'analyse génétique des croisements suivra des modalités différentes en
fonction de la phase qui peut être observée facilement. Les cycles décrits ci-dessous
présentent les trois grands groupes de cycles qui sont distingués, en prenant
les exemples des organismes les plus étudiés en génétique. Ensuite, vous sont
données quelques caractéristiques génétiques de ces organismes.
La
phase haploïde est aussi longue que la phase diploïde
Le cycle est dit haplodiplobiontique
Ce type de cycle est présent chez de
nombreuses levures.
ex: La levure Saccharomyces cerevisiae
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cellules de
levure en train de bourgeonner |
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tétrade de S.
cerevisiae |
Pour cette levure, il existe 2 types sexuels appelé mata et mata. Les cellules haploïdes mata
ou mata, peuvent se diviser par mitose et générer des clones. La
division s'effectue par bourgeonnement donnant deux cellules de tailles
différentes : la cellule mère et la cellule fille. La conjugaison (équivalent à
la fécondation) ne peut avoir lieu qu'entre une cellule haploïde mata et
une cellule haploïde mata. La cellule diploïde résultant de
la fusion peut aussi se diviser par mitose. Lorsque se produit une carence en
nutriment, la cellule effectue une méiose. Celle-ci ne peut se produire que
dans une cellule diploïde mata / mata. Elle produit 4 spores haploïdes empaquetées dans un asque (les spores sont appelées des ascospores) que l'on appelle une tétrade.
Note: Le génome haploïde de levure contient 16 chromosomes +
le chromosome mitochondrial
D'un point de vue génétique, il faut retenir que
dans ce type d'organisme il est possible d'observer les résultats des
fécondations et des méioses. Pour ceci, cliquez ici.
La
phase haploïde est très longue alors que la phase diploïde est réduite au
minimum.
On parle alors de cycle haplobiontique
Ce type de cycle est présent chez les champignons
filamenteux.
ex: le champignon filamenteux ascomycète Neurospora
crassa.
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asques d'ascomycète
filamenteux probablement
Sordaria |
Comme la levure, N. crassa possède 2 types sexuels
appelé mata et matA. Le mycélium du champignon est haploïde et différencie des organes
mâles et femelles. La fécondation se produit entre un organe mâle d'un type
sexuel et un organe femelle du type sexuel opposé. La fécondation est
rapidement suivie de la méiose et d'une mitose post-méiotique supplémentaire
qui donne naissance à un asque contenant 8 ascospores ordonnées.
Note: Neurospora contient 7 chromosomes + le
chromosome mitochondrial.
D'un point de vue génétique, il faut retenir que
dans ce type d'organismes, on ne peut regarder facilement que le résultat de la
méiose. Pour plus de détail cliquez ici.
La
phase diploïde dure très longtemps alors que la phase haploïde est réduite au
minimum.
On parle de cycle diplobiontique
Ce type de cycle est présent chez les animaux et les plantes
supérieures. Il en existe beaucoup de variations.
ex: Le maïs

Le plant de maïs est diploïde et produit des gamètes mâles
et femelles sur des organes reproducteurs séparés. Le gamète mâle (le grain de
pollen !) germe et le noyau haploïde se divise. Un des noyaux obtenus va
féconder le noyau de l'ovule femelle, un autre féconde une cellule diploïde qui
se retrouve donc triploïde. Dans le grain de maïs final, l'ovule donne
naissance à l'embryon et la cellule triploïde donne naissance à l'albumen
nourricier.
Note: le maïs a 10 chromosomes + le chromosome mitochondrial
+ le chromosome chloroplastique
ex: Le nématode Caenorhabditis elegans

Chez ce nématode, il existe des individus hermaphrodites
avec deux chromosomes X qui peuvent s'autoféconder pour donner naissance
principalement à des hermaphrodites. Rarement, un accident de méiose aboutit à
la perte du chromosome X dans un gamète. L'œuf résultant de la fécondation d'un
gamète normal avec ce gamète donne naissance à un mâle incapable de
s'autoféconder mais qui peut produire des spermatozoïdes fécondant les
hermaphrodites.
Note: C. elegans possède 5 paires d'autosome + le
chromosome sexuel X (les hermaphrodites sont noté X X et les mâles X 0).

Chez la drosophile, le mâle (X Y) produit des spermatozoïdes
et qui vont féconder après copulation les ovules de la femelle. Notez que la
femelle peut stocker les spermatozoïdes; il faut donc s'assurer que les
femelles sont vierges afin de contrôler les croisements. Après la fécondation, l'œuf
pondu donne naissance à une larve qui passe par 3 stades, et qui ensuite fait
la métamorphose dans la pupe pour donner naissance aux adultes.
Notes: La drosophile possède 3 paires d'autosomes plus une
paire de chromosomes sexuels (XX chez la femelle, XY chez le mâle) + le
chromosome mitochondrial. Dans les glandes salivaires, les l'ADN se réplique
pour donner naissance à des molécules d'ADN identiques qui s'associent pour
générer les chromosomes géants ou polytènes, visibles en interphase. Je vous rappelle
enfin que chez les mâles, il n'y a pas de crossing-over.
ex: L'homme

Je pense ne pas devoir vous décrire en détail la
reproduction de l'homme !
Note: L'homme possède 22 paires d'autosomes + 1 paire de chromosomes
sexuels (X et Y) + le chromosome mitochondrial.
D'un point de vue génétique, il faut retenir que
chez ces organismes diplobiontiques, on ne regarde facilement que les zygotes
qui sont issus de la fécondation. Pour en savoir plus cliquez
ici.